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11 mai 2010, Rome - Conférence "L’exploration spatiale habitée" [ it ]

Le 11 mai dernier, à moins d’un an du cinquantenaire de l’exploration spatiale humaine, et après le changement de direction important annoncé dernièrement par le président Obama quant au programme spatial américain, l’Ambassade de France en Italie a organisé une conférence pour exposer les visions européennes, françaises et italiennes sur ce thème.

La conférence, qui s’est tenue au salon d’Hercule du Palais Farnèse, s’est articulée autour de quatre interventions :

Le professeur Jacques Emile Blamont, Pionnier et acteur majeur de l’aventure spatiale française, membre de l’Académie des Sciences, professeur émérite à l’Université Paris-VI et conseiller du Président du CNES, a ouvert la conférence. Il a débuté son exposé en rappelant quelques aspects historiques et scientifiques de près de 50 ans d’exploration spatiale habitée, pour conclure par ses considérations personnelles sur le futur. Peu convaincu de l’utilité d’envoyer des Hommes dans l’espace, Jacques Emile Blamont a expliqué que le surcoût engendré par la sécurité de l’équipage n’était pas justifié quand des robots peuvent effectuer aussi bien, voire mieux, les mêmes tâches. Il s’est ensuite interrogé sur l’utilité scientifique de la station spatiale internationale, ainsi que de celle d’une éventuelle future mission habitée vers Mars. Le véritable objectif, selon lui, devrait se situer sur la mise en place d’un village robotique lunaire, qui, à l’inverse des missions lunaires actuelles, pourrait être le fruit d’une véritable collaboration internationale.

Pour télécharger le document projeté par le Professeur Blamont, cliquer ici

Pour télécharger le texte de l’intervention du Professeur Blamont, cliquer ici


Michel Tognini, ancien astronaute, chef du centre européen des astronautes de l’agence spatiale européenne (ESA), a tout d’abord rappelé l’excellence de l’Europe dans l’aventure spatiale avec en particulier la réalisation de près de 30% de la station spatiale internationale (ISS). Il a ensuite souligné le fait que les vols habités et l’exploration spatiale gagnent progressivement l’attention dans les cercles politiques en Europe et que l’Union Européenne a une opportunité unique pour assumer un rôle proéminent dans le contexte de l’initiative de coopération globale au niveau de l’exploration spatiale humaine. Il a enfin présenté, dans le cadre des activités futures, quelques projets européens liés à la station spatiale internationale et une mission de préparation de l’atterriseur lunaire prévue pour 2018 en vue d’une future mission habitée sur la Lune.

Pour télécharger le diaporama projeté par Michel Tognini, cliquer ici


Richard Bonneville, physicien et ingénieur, diplômé de l’Ecole Normale Supérieure, actuellement Directeur Adjoint de la stratégie, des programmes et des relations internationales de l’Agence spatiale française, le CNES ? A exprimé le point de vue français actuel sur l’exploration spatiale habitée. Après avoir rappelé que le thème scientifique fédérateur est l’émergence de la vie et sa coévolution avec les environnements planétaires, il a expliqué que, bien que la cible prioritaire soit Mars, celle-ci ne sera pas atteinte dans un avenir proche par des missions habitées, mais uniquement par des missions robotiques. D’autres objectifs moins futurs ont donc été présentés, tels que la Lune ou les petits corps comme les astéroïdes, les comètes ou les satellites naturels de Mars. Richard Bonneville a ensuite exposé brièvement les moyens technologiques dont nous disposons puis placé ces objectifs dans une esquisse de calendrier sur les 20 prochaines années.

Pour télécharger le diaporama projeté par Richard Bonneville, cliquer ici


Le point de vue italien a enfin été donné par Enrico Flamini et Augusto Cramarossa, le premier en ce qui concerne l’exploration spatiale robotique et le deuxième l’exploration humaine. Enrico Flamini a rejoint l’agence spatiale italienne, l’ASI, en 1985 et y occupe actuellement le poste de responsable scientifique principal, tandis qu’Augusto Cramarossa, ingénieur, est le chef de l’unité en charge des relations nationales et internationales. Les principaux programmes d’exploration robotique ont été présentés avec une attention particulière sur le futur robot mobile européen Exomars, à forte participation italienne, qui permettra de sonder sous la surface de la planète rouge, contrairement aux missions précédentes. Les avantages de l’exploration robotique ont été mis en avant, notamment en rapport avec les risques et surcoûts associés aux missions habitées.

Pour télécharger le diaporama projeté par Enrico Flamini, cliquer ici

Pour télécharger le diaporama projeté par Augusto Cramarossa, cliquer ici


La soirée a été conclue par le modérateur, Denis Moura, représentant du CNES auprès de l’Union Européenne, qui a rappelé que l’exploration spatiale devait être avant tout une aventure commune de l’humanité.

Commentaire :

Cette conférence, placée sous le signe de l’exploration spatiale habitée, a été l’occasion de réunir d’éminents scientifiques des agences spatiales française, italienne et européenne face à un public nombreux et varié ’scientifiques de l’industrie spatiale, universitaires, étudiants). Les intervenants ont ainsi pu communiquer leurs visions parfois opposées, mais aussi présenter les vues actuelles des agences. La conférence aura également été l’occasion pour le professeur Blamont de proposer une collaboration sur ce thème ente l’Académie des Sciences et l’Accademia Nazionale dei Lincei, représentée par le professeur Giovanni Bignami (ex-président de l’ASI). Le professeur Blamont considère en effet qu’il est nécessaire d’élaborer une vision commune sur l’exploration spatiale habitée passant par une réflexion partagée au niveau de l’Europe et des pays concernés par cette problématique. Compte tenu des coûts faramineux de ces programmes scientifiques, resteront-ils acceptables pour des sociétés soumises, dans un proche avenir, aux grandes questions auxquelles l’humanité est confrontée (changement climatique, crise économique, faim dans le monde).


Dernière modification le 10.05.2012

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